L’espace africain inauguré en 1993 abrite en communauté les hippopotames, les autruches et les zèbres de Grant. La coexistence de diverses espèces est d’abord un enrichissement pour les animaux eux-mêmes. Elle permet de plus au visiteur d’observer le comportement respectif des animaux vivant en commun avec d’autres espèces.
Les communautés d’animaux sont un réel défi pour les gardiens des parcs animaliers. Il se peut que les animaux «marquent» un territoire de manière invisible et le défendent énergiquement. Comme dans la nature, les limites territoriales sont en permanence sujettes à changements dépendant des regroupements ou de la vigueur des individus. Notre espace africain a sur ce point une histoire mouvementée: les limites territoriales entre le troupeau de zèbres et le groupe des hippopotames représenta longtemps la transition entre terre et eau. Des années durant, les visiteurs ont pu contempler les démonstrations de force – sérieuses ou ludiques – entre le mâle hippopotame et l’étalon des zèbres de Grant. La limite terre-eau était respectée réciproquement. Ceci avait pour conséquence que les hippopotames ne pouvaient jamais sortir de l’eau pour prendre leur bain de soleil dans le sable ou pour brouter, raison pour laquelle la presqu’île a été séparée par une haie. Cette partie n’était accessible qu’aux hippopotames. Mais lorsque le zèbre étalon glissa et tomba dans l’eau, il a été tué en quelques secondes par les hippopotames. Les rapports de force changèrent fondamentalement du fait que les trois zèbres femelles n’étaient plus en mesure de défendre efficacement leur territoire terrestre et que les hippopotames ne respectèrent plus le terrain occupé par ces dernières et par les autruches. Les deux espèces étaient progressivement repoussées et la présence des gardiens sur les lieux n’était plus sans danger. De nos jours, les hippopotames et les zèbres vivent séparés par des haies. Si la communauté subit de nouveaux changements, de nouvelles limites territoriales vont s’établir.







